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mercoledì 3 giugno 2015

Nigeria - Amnesty: Milliers de jeunes morts en détention

Amnesty International
Intitulé Des galons aux épaules, du sang sur les mains. Les crimes de guerre commis par l'armée nigériane, ce rapport révèle que, depuis mars 2011, plus de sept mille jeunes hommes et jeunes garçons sont morts en détention militaire et que, depuis février 2012, plus de mille deux cents personnes ont été tuées dans des conditions atroces.
Amnesty International fournit une somme d'éléments accablants, qui sont autant d'arguments en faveur de l'ouverture d'une enquête sur les responsabilités individuelles et hiérarchiques d'un certain nombre de soldats et d'officiers exerçant des fonctions à un niveau intermédiaire ou supérieur de commandement. Ce rapport passe en revue les rôles et les possibles responsabilités pénales des différents maillons de la chaîne de commandement – jusqu'aux chefs des états-majors de la Défense et de l'armée – et nomme neuf officiers supérieurs nigérians qui, selon l'organisation, doivent faire l'objet d'une enquête destinée à déterminer leurs responsabilités hiérarchiques et individuelles dans les crimes commis. «Les éléments effrayants qui figurent dans ce rapport montrent comment des milliers de jeunes hommes et d'adolescents ont été arrêtés arbitrairement et délibérément tués ou condamnés à mourir en détention dans des conditions abominables», a déclaré Salil Shetty, le secrétaire général d'Amnesty International. Au vu de ce document, il paraît indispensable d'enquêter sur l'éventuelle responsabilité pénale de certains membres de l'institution militaire, y compris au plus haut niveau de la hiérarchie.

lunedì 2 dicembre 2013

France : évacuation du campement rom de Saint-Ouen. Une politique cruelle

Amnesty International
Le matin du 27 novembre, l’un des plus grands campements roms de France a été évacué à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis. La grande majorité des occupants se retrouvent aujourd’hui à la rue. L’expulsion a anéanti tout le processus de scolarisation et d’accès aux soins mis en place auprès des familles.
Des familles sans abri
Les habitants d’un quartier informel de Saint-Ouen (en Seine-Saint-Denis), décrit par les médias comme l’un des campements roms les plus importants de France – on estime que 800 personnes y vivaient à un moment donné –, ont été expulsés de force le matin du mercredi 27 novembre 2013.

Selon les médias, environ 70 mineurs figuraient parmi les quelque 250 personnes évacuées. La grande majorité des résidents expulsés se sont retrouvés à la rue, sans nulle part où vivre, par une température de 7°C qui annonce le début de l’hiver.
Une expulsion illégale

Amnesty International déplore que les autorités françaises – à l'échelon national et local – continuent à bafouer le droit international relatif aux droits humains en procédant à des expulsions forcées de ce type.

L’expulsion de Saint-Ouen a été effectuée à la suite d’une décision rendue par le tribunal de grande instance de Bobigny le 2 octobre 2013. Le tribunal s’est prononcé à la demande des propriétaires des parcelles occupées, la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) et Réseau ferré de France (RFF), qui demandaient la restitution de ces terrains, et du maire de Saint-Ouen, qui affirmait que les habitations situées sur ou à proximité des rails de chemins de fer posaient un véritable risque de sécurité.

Cette expulsion a été exécutée en dépit des orientations données aux préfets dans la circulaire interministérielle du 26 août 2012, qui les encouragent à mettre en place des mesures d’accompagnement des familles en vue d’une insertion.

Aujourd’hui ces dizaines de familles se retrouvent sans domicile, exposées à des conditions climatiques difficiles et privées de suivi médical et scolaire.
Une politique qui doit cesser
L’expulsion forcée du campement de Saint-Ouen démontre une fois de plus que la circulaire interministérielle publiée il y a un an est insuffisante pour protéger les Roms migrants contre les expulsions forcées.

Amnesty International renouvelle son appel au gouvernement français à prendre des mesures explicites et contraignantes contre cette pratique qui enfreint ses engagements internationaux en matière de droits humains.

Il est primordial d’interdire tout recours aux expulsions forcées car :
Elles sont illégales au regard des normes du droit européen et international.
Elles aggravent les conditions de vie des personnes et les condamnent à l’errance.
Elles entraînent des ruptures de parcours scolaire et de parcours de soin.
Elles sont traumatisantes pour les enfants notamment.Elles mettent en échec tout processus d’intégration.
Elles sont contraires à la dignité humaine.

sabato 23 novembre 2013

Hong Kong : des milliers d'Indonésiennes victimes de traite et d'esclavage domestique

Amnesty International
Dans son rapport, «Exploited for Profit, Failed by Governments», Amnesty International montre comment des agences de recrutement indonésiennes et des agents de placement à Hong Kong se livrent à la traite de femmes indonésiennes dans le but de les exploiter et de les soumettre au travail forcé.
Travailleuses migrantes indonésiennes
 à Hong Kong © AI
On compte plus de 300 000 employés de maison étrangers à Hong Kong ; environ la moitié de ces personnes sont originaires d'Indonésie, et il s'agit dans une immense majorité de femmes.

Attirées par la promesse d'emplois bien rémunérés, ces femmes se retrouvent confrontées à une toute autre réalité.
Enfermées dans le cercle vicieux du travail forcé

En Indonésie, les personnes souhaitant être embauchées comme employées de maison à l’étranger sont obligées de passer par des agences agrées par le gouvernement, notamment pour une formation préalable à leur départ.
Lestari, 29 ans, a décrit ce qui s’est passé lorsqu'elle est arrivée au centre de formation : «J’étais sous le choc. Il y avait de grandes clôtures tout autour et toutes les femmes avaient les cheveux courts. On m’a donné un bout de papier avec quelque chose d’écrit en anglais. Je suis seulement arrivée à lire le nombre 27 millions. Le personnel m’a dit : " Vous devez signer ". Nous étions une trentaine ; nous avons fait comme on nous a dit. Après, ils ont expliqué " Ce que vous avez signé signifie que si vous décidez de partir, vous devrez nous payer 27 millions de roupies [soit environ 2 000 euros]. »
Systématiquement, ces agences, et les négociateurs qui interviennent en leur nom, trompent ces femmes au sujet des frais qu’elles devront verser et des salaires.
Ils confisquent leurs papiers d’identité et d’autres biens à titre de caution, et leur facturent des frais dont le montant excède ce qui est prévu par la loi. L'intégralité des frais doit être versée au début de la formation, d’où les lourdes dettes contractées par les femmes qui veulent se retirer.
"Les agents de recrutement et de placement portent atteinte de manière flagrante à des lois conçues pour protéger des abus les migrantes travaillant comme employées de maison. Du fait de l’inaction quasi-totale des autorités hongkongaises et indonésiennes, ces femmes continuent à être exploitées, sacrifiées sur l’autel du profit »

Norma Kang Muico, spécialiste du droit des migrants d'Amnesty International pour la région Asie-Pacifique.
[...]

domenica 20 ottobre 2013

Hollande: Leonarda autorisée à revenir en France, mais seule

Le Monde
Dans une courte allocution télévisée, samedi 19 octobre, faisant suite à la remise du rapport de l'enquête administrative sur l'expulsion controversée de la collégienne Leonarda Dibrani, François Hollande a indiqué que l'adolescente pourrait poursuivre sa scolarité en France si elle en faisait la demande, mais que sa famille, dont les demandes d'asile ont été déboutées, ne pourrait pas suivre. "Si elle le demande, un accueil lui sera réservé, à elle seule", a insisté le président de la République, qui s'exprimait après une rencontre avec le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ainsi que les ministres de l'intérieur et de l'éducation, Manuel Valls et Vincent Peillon.

François Hollande dit avoir pris cette décision par souci d'"humanité", "compte tenu des circonstances" alors qu'"aucune règle de droit n'a été enfreinte" lors de l'expulsion de Leonarda et de sa famille. Mais cette proposition a suscité l'incompréhension de la famille Dibrani. "Je n'irai pas seule en France, je n'abandonnerai pas ma famille, a réagi la jeune fille, qui se trouve au Kosovodepuis le 9 octobre. Je ne suis pas la seule à devoir aller à l'école, il y a aussi mes frères et mes sœurs", a déclaré Leonarda, 15 ans, qui est née en Italie. Sur sescinq frères et sœurs, quatre sont nés en Italie et la petite dernière, âgée de 17 mois, en France.

LES ARRESTATIONS DANS LE CADRE SCOLAIRE INTERDITES
L'enquête administrative, ouverte mercredi et remise samedi matin à Manuel Valls, conclut que la reconduite au Kosovo de la famille Dibrani était conforme au droit mais que les forces de l'ordre n'avaient "pas fait preuve du discernement nécessaire" quant au contexte de l'arrestation de la collégienne, sur temps scolaire.

Lire ce que dit l'enquête administrative sur l'expulsion ainsi que ledétail du dossier de la préfecture du Doubs

"Il n'y a pas eu de faute, la loi a été respectée, mais il y a eu un manque de discernement", a répété François Hollande lors de son allocution. Le président reconnaît toutefois que "cette expulsion a suscité une légitime émotion, notamment au sein de la jeunesse". Rappelant les "valeurs fondamentales de la République" – le respect de la loi et le respect de l'école –, M. Hollande a annoncé par ailleurs qu'une "instruction" prohibant toute interpellation d'enfants dans le"temps scolaire – aussi bien à l'école, dans le cadre de sorties, ou dans les centres de loisirs" –, serait adressée aux préfets.

La sanctuarisation de l'école "ne doit souffrir aucune exception", a renchéri le ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon, se réjouissant de voir ce principe réaffirmé "avec force" par François Hollande.

MANIFESTATIONS LYCÉENNES
Manuel Valls a été vivement critiqué, notamment à gauche, pour les conditions d'interpellation de l'adolescente âgée de 15 ans, expulsée le 9 octobre vers le Kosovo avec sa famille après avoir été prise en charge par la police en pleine sortie scolaire. Sans attendre les résultats de l'enquête qui venait d'être lancée, Manuel Valls avait assuré dès mercredi que l'expulsion s'était déroulée "dans le respect du droit".

Des milliers de lycéens ont manifesté jeudi et vendredi pour réclamer le retour de la collégienne ainsi que de Khatchik Kachatryan, un élève arménien de 19 ans expulsé il y a une semaine, voire la démission du ministre.

domenica 30 giugno 2013

Erythrée: Pris entre la persécution politique et la misère des camps de réfugiés

All Africa
Banjul — En février 2013, Mohamed*, 20 ans, comme des centaines de milliers d'autres Erythréens, a fui la dictature brutale dans ce pays d'Afrique de l'est en quête d'une vie meilleure au Soudan voisin.

Mais pour Mohamed et d'autres comme lui, fuir vers les pays voisins n'a apporté aucune fin à leurs souffrances. Beaucoup d'entre eux sont devenus des victimes de trafiquants d'êtres humains et la famille de Mohamed croit que c'était son destin aussi.

Selon le "Rapport mondial 2013" de 'Human Rights Watch' (HRW), l'Erythrée est en proie à des violations de droits humains, et "la torture, les détentions arbitraires, et de graves restrictions de la liberté d'expression, d'association et de la liberté religieuse demeurent une routine". En outre, le service militaire est obligatoire et peut durer indéfiniment.

'Freedom House', une ONG internationale qui fait des recherches et des plaidoyers sur la démocratie, la liberté politique et les droits de l'Homme, a déclaré dans son rapport intitulé "La liberté dans le monde 2012" que l'Erythrée est l'une des neuf sociétés les plus répressives au monde.

Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé en 2011 que 220.000 des 5,4 millions d'habitants du pays ont fui la persécution dans cette nation.

Mohamed a réussi à traverser la frontière en toute sécurité. Une fois au Soudan, il a téléphoné à sa mère et lui a dit qu'il a pu faire le voyage.

Quelques jours plus tard, il lui a téléphoné encore pour lui dire qu'il avait été enlevé. Sa cousine, Eden*, croit qu'il a été enlevé par des criminels qui travaillent en collaboration avec les agents de sécurité du Soudan.

"Sa mère était abattue", a indiqué Eden à IPS depuis Banjul, la capitale de la Gambie, lors d'une récente visite dans ce pays d'Afrique de l'ouest.

"Les ravisseurs de mon cousin demandaient une rançon de 30.000 dollars. Sa mère est pauvre, alors elle a commencé à demander des dons aux gens", a-t-elle dit.

sabato 2 marzo 2013

Mali: les parties au conflit doivent respecter le droit international humanitaire - Exécution extrajudiciaire

Amnesty International

L'armée malienne a commis de
 graves violations des droits humains
 au cours du conflit © AFP/Getty Images
L'armée malienne a commis de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire (DIH) au cours du conflit qui continue contre les groupes armés, notamment des exécutions extrajudiciaires de civils, selon les témoignages recueillis par Amnesty International lors d'une mission de dix jours au Mali en janvier.
Amnesty International a pu établir lors de sa récente mission au Mali que l'armée malienne a commis de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire (DIH) au cours du conflit qui continue contre les groupes armés, et notamment des exécutions extrajudiciaires de civils.


Agissez pour que de tels crimes ne se répètent pas !

Demandez au Ministre de la Défense malien de donner des instructions claires à l’armée de ne pas commettre d’exécutions extrajudiciaires, de relever de ses fonctions tout militaire soupçonné d’avoir commis de tels actes ainsi que d’assurer que des enquêtes soient ouvertes et que les personnes responsables répondent de leurs actes.


Monsieur le Ministre,

Je vous écris pour vous faire part de mes préoccupations face aux violations et atteintes aux droits humains et aux violations du droit international humanitaire depuis le début du conflit en janvier 2012. Je suis particulièrement préoccupé par plusieurs cas d’exécutions extrajudiciaires perpétrées par l’armée malienne.
Dont les exécutions :
- de civils touaregs à Sévaré en avril 2012 qui semblent avoir uniquement été ciblés en raison de leur appartenance ethnique.
- d’individus, notamment membres des forces armées, accusées d’espionner pour le compte du MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad), ou de le soutenir
- de membres de la confrérie de la Dawa à Diabaly en septembre 2012 par l’armée malienne
- de Touaregs et des Arabes, ainsi que des personnes perçues comme ayant soutenues les groupes d’opposition armés touaregs et islamistes, notamment à Sévaré, en janvier 2013.

Lors d’une réunion avec les autorités maliennes en janvier 2013, Amnesty International a été informée que des enquêtes sur ces cas ont été ou seraient ouvertes. Je reste néanmoins préoccupé par le fait que les conditions d’une enquête impartiale et de la traduction en justice des auteurs présumés ne semblent pas réunies.

En votre qualité de ministre de la Défense, je vous prie de donner des instructions claires à l’armée de ne pas commettre d’exécutions extrajudiciaires et de relever de ses fonctions tout militaire soupçonné d’avoir commis de tels actes dans l’attente de sa traduction en justice. Par ailleurs, je vous demande de vous assurer que des enquêtes soient ouvertes sur tous les cas et que les responsables répondent de leurs actes.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de ma haute considération.