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venerdì 1 gennaio 2016

Migrants : la France va ouvrir un camp humanitaire à Grande-Synthe

Le Monde
Quand le soleil s’efface, le froid humide venu de la Manche envahit la ville côtière de Grande-Synthe (Nord), en périphérie de Dunkerque. Dans le camp de migrants, à deux pas du centre, il prend ses aises. Les 2 500 ou 3 000 réfugiés du lieu, majoritairement kurdes, savent que cet ennemi se glissera avant eux sous les couvertures de leur maison de toile. 

Aux portes de Dunkerque, à 30 kilomètres de la jungle de Calais,
ils s'entassent dans la boue et le froid, l’humidité et le vent.
Mais le geste fataliste d’Ali rappelle qu’il en a vu d’autres depuis qu’il a quitté son Kurdistan natal. D’ailleurs, l’Irakien se plaint à peine. Il est là en transit, impatient de rejoindre la Grande-Bretagne. Et s’il n’y est pas fin janvier, en dépit de son « passage garanti », des 40 000 euros payés pour lui, ses enfants et son épouse, il rejoindra ce nouveau camp dont on parle déjà tant. « Il y aura des douches, de l’eau et des tentes chauffées », répète, incrédule, cet ex-traducteur du Royal Air Force College en Irak.

Un vrai camp de réfugiés devrait en effet être ouvert en janvier par la municipalité de Grande-Synthe et Médecins sans frontières (MSF). Un camp aux normes du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) pouvant accueillir plus de 2 500 migrants, une première en France.

Mais cela paraît bien loin à Ali qui espère juste, ce soir-là, une livraison de bois. Le feu est un des fondamentaux de la route de l’exil. Chaque soir « ce camp de la honte », comme l’a baptisé le maire (EELV) de la ville, Damien Carême, a pour obsession le bois de chauffage. Quelques scies sorties de nulle part attaquent les arbres. Parfois, une camionnette providentielle débarque, bourrée de sacs de combustible. C’est la bousculade garantie. Pire que pour la nourriture. Les enfants crient. Les femmes tendent désespérément les bras. La nuit se gagne là.

A Grande-Synthe, près de 3 000 migrants, essentiellement kurdes,
vivent les pieds dans l'eau non loin du centre-ville.
«Une décharge à ciel ouvert»
Devant les petites tentes, des feux s’allument un à un. On se chauffe les mains, les pieds. On pose une bouilloire ou une poêle noircie. Grande-Synthe est un camp misérable. Un espace boisé, destiné à construire un écoquartier, où s’entassent plus d’un millier d’abris de tissu ; où jouent plus d’une centaine d’enfants, les pieds dans l’eau, faute de bottes. « Ce n’est pas un camp, mais une décharge à ciel ouvert, observe Delphine Visentin, la responsable de MSF. Nous tentons d’en améliorer le fonctionnement mais cela reste une zone de transit inorganisée. »

Les « French Doctors » ont pourtant mis en place un point pour les distributions des associations ; un espace santé cogéré avec Médecins du monde. Hormis cela et les douches qu’il faut reprendre aux passeurs – qui les faisaient payer –, c’est un champ de boue où sont plantées des tentes basses, sans la bâche qui à Calais sert de seconde peau. Sans les baraques en bois, plus chaudes. Ici les gendarmes ne laissent pas passer de matériaux de construction, ni même, certains jours, les sacs de couchage.

« Grande-Synthe, c’est Calais en pire », résume Jean-François Corty, de Médecins du monde, choqué par la présence de bébés, de femmes enceintes dans la gadoue. Le maire, président du Réseau des élus hospitaliers du Nord-Pas-de-Calais, a pourtant fait ce qu’il pouvait, installé des sanitaires, les bennes à déchets. Il est aujourd’hui dépassé. Et inquiet. « On n’est pas à l’abri d’une hypothermie », prévient la responsable MSF ; « ni d’un suicide », ajoute Hafsa Sabr, une jeune bénévole présente tous les jours depuis l’été ; déjà témoins du geste désespéré d’une maman seule avec plusieurs enfants, et d’un adolescent.

En dépit de ses quelques milliers de migrants, Grande-Synthe est une oubliée. La médiatique Calais a capté toute l’attention, avec sa maire qui en appelle régulièrement à l’armée, quand, à Grande-Synthe, l’élu gérait. « Ici, on accueille des migrants depuis 2006, observe M. Carême, jusqu’à cet été, ils étaient 80. Mais depuis leur nombre a été multiplié par 30 et c’est devenu une ville dans la ville. » Une cité d’ingénieurs, d’enseignants, d’artisans, « encampés » au milieu des 22 000 habitants dont 33 % vivent sous le seuil de pauvreté.

La balle est dans le camp du préfet
Le ministère de l’intérieur a longtemps fait la sourde oreille aux appels de Damien Carême. Le 30 septembre 2015, Bernard Cazeneuve lui avait promis son aide. « Trois mois plus tard, je n’ai rien vu ; à part des forces de l’ordre », regrette M. Carême. Excédé, il a convoqué une conférence de presse avec Médecins sans frontières pour le 23 décembre. La décision qu’il fallait pour obtenir un rendez-vous avec le ministre de l’intérieur, puisqu’il a été reçu le même jour par M. Cazeneuve.

Damien Carême est un maire de gauche. Hier PS, aujourd’hui EELV. Avec MSF, il a conçu un vrai camp qui, pour 1,5 million d’euros – remboursés par l’Etat –, logera tous ses migrants. Les plans sont faits, les entreprises dans les starting-blocks, les équipes de MSF sur le pont. La balle est dans le camp du préfet, qui doit donner son accord pour le lieu choisi par la municipalité.

Bien qu’alambiqué, le communiqué commun de MM. Cazeneuve et Carême promet que cela va venir. Il prend l’engagement « de renforcer les expertises en cours pour mettre en œuvre une solution très rapide qui apportera une réponse humanitaire aux besoins élémentaires des migrants, et notamment des populations vulnérables présentes sur le site, qui doivent pouvoir bénéficierd’une mise à l’abri ». Le déménagement y est aussi acté puisque « les caractéristiques marécageuses du camp actuel ne peuvent offrir de solution satisfaisante en ce sens ». Reste qu’il s’est déjà écoulé une semaine sans réponse de la préfecture et que les acteurs tiennent à un déménagement en janvier.

S’il est bien conçu pour « loger tout le monde », c’est-à-dire 2 500 à 3 000 personnes, comme le veulent la Ville et les associations, ce camp sera une première en France. « Pensé par nos logisticiens, il respectera les standards humanitaires internationaux. Les sanitaires y seront en nombre suffisant et les migrants y dormiront sous des tentes chauffées l’hiver », rappelle Mme Visentin. Les associations seront installées juste à côté, dans des bâtiments en dur. Tout ce que le gouvernement s’est refusé à mettre en place à Calais en créant un camp de jour. Ces avancées ne signifient pourtant pas que le bras de fer entre les associations et le gouvernement est terminé. Tout se négociera, du nombre de places au degré de surveillance policière.

En attendant, la vie continue dans la boue. Souma et Akram, les enfants d’Ali, ont tous deux le nez qui coule. Lundi, la consultation de MSF n’a pas désempli, apportant soins du corps et pansements à l’âme. Hafsa Sabr a, comme souvent, installé une femme fragile pour quelques jours dans l’hôtel voisin. Demain, elle courra les magasins en quête d’un hélicoptère téléguidé. Car Grande-Synthe aussi fêtera le passage en 2016 et quelques-uns des oubliés de Noël auront leur seconde chance.

Par Maryline Baumard

sabato 25 aprile 2015

France - Mobilisation urgente pour sauver Serge Atlaoui et tous les condamnés à mort en Indonésie

Amnesty International
Communiqué interassociatif*
« Il est urgent de mobiliser la communauté internationale, plusieurs pays sont concernés par le problème de la peine de mort en Indonésie », confie Sabine Atlaoui, l’épouse de Serge Atlaoui, condamné à mort français dont le recours a été rejeté par la Cour suprême d’Indonésie.  
A l’initiative de 18 organisations de défense des droits de l’homme,  un rassemblement sera organisé le samedi 25 avril prochain à 15h :
  • Place Edmond Michelet, 75004 Paris, à proximité immédiate de Beaubourg ;
 « Nous nous battrons jusqu’au bout pour mobiliser les responsables politiques et la société civile. Les condamnés à mort ont le droit de se défendre. Nous espérons encore que, sous une forte pression internationale, les autorités indonésiennes accepteront de réviser les procès de Serge Atlaoui et des autres condamnés à mort en Indonésie », déclare Raphaël Chenuil-Hazan, directeur d’Ensemble contre la peine de mort et coordinateur de la campagne. 
Rappel des faits : 
Serge Atlaoui a été arrêté en 2005 dans un laboratoire clandestin destiné à la production d'ecstasy. La Cour suprême indonésienne l’a condamné à mort en 2007. Serge Atlaoui a toujours clamé son innocence.
Le 1er avril 2015, lors de l’audience préliminaire qui examinait la demande en révision de son procès – ultime recours possible – la Cour de Tangerang a donné un avis favorable à la Cour suprême, tout en   acceptant les nouveaux témoignages présentés par la défense. Le 21 avril dernier, la Cour suprême a refusé de réviser le procès de Serge Atlaoui, estimant qu’il n’y avait pas de nouveaux éléments. Le recours du ghanéen Martine Anderson, lui aussi dans les couloirs de la mort pour trafic de drogue, a également été rejeté. 
Le nom de Serge Atlaoui est cité dans une liste de condamnés à mort qui seraient exécutés prochainement.
Si Serge Atlaoui était exécuté, cela ferait de lui le premier français exécuté depuis 38 ans.
Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT France), Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme (AEDH), Agir pour les Droits de l’Homme (ADH), Amnesty international, Collectif Libérons Mumia, Communauté de Sant’Egidio, Ensemble contre la peine de mort (ECPM), Ordre des avocats de Paris, Fédération internationale de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (FIACAT), Fédération des Associations Réflexion-Action, Prison Et Justice (FARAPEJ), Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), Fédération Nationale des Unions des Jeunes Avocats (FNUJA), Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Lutte pour la justice (LPJ), Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), Poster for Tomorrow. Réseau d’Alerte et d’Intervention pour les Droits de l’Homme (RAIDH), Save Innocents, Union internationale des avocats (UIA)

venerdì 6 febbraio 2015

Le Français Serge Atlaoui parmi les prochains condamnés exécutés en Indonésie

RTL
Sabine Atlaoui, femme du seul condamné à mort français dans le monde, est sortie de son silence. Elle confie qu'elle "garde espoir" malgré le contexte très difficile pour elle et sa famille.

Serge Atlaoui
Serge Atlaoui est à ce jour le seul Français au monde à être condamné à mort. Accusé d'avoir participé à un trafic de drogue, il a été condamné à mort par la justice indonésienne.

Aujourd'hui, sa femme redoute une accélération prochaine des événements puisque Serge Atlaoui, selon les déclarations du ministre de la Justice, figure sur la liste des onze condamnés qui seront prochainement exécutés en Indonésie.

Six condamnés ont été exécutés début janvier après que le président indonésien nouvellement élu, Joko Widodo, a rejeté leur recours en grâce et affirmé son opposition à toute mesure de clémence en faveur des trafiquants de drogue.

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, devrait se rendre en Indonésie prochainement.

Restée dans le silence de nombreuses années, Sabine, l'épouse de Serge Atlaoui, a pris ce vendredi la parole sur RTL, et confie qu'elle garde espoir malgré la difficulté de la situation.

lunedì 15 settembre 2014

Irak - 10.000 chrétiens ont déposé une demande de visa au consulat de France à Erbil

L'Orient - Le Jour
Une association demande d'accélérer le processus d'accueil des chrétiens d'Irak.
Dix mille chrétiens irakiens ont déposé une demande de visa au consulat général de France à Erbil (Kurdistan irakien) depuis le début de l'offensive de l'Etat islamique (EI), mais à ce jour seuls 55 d'entre eux ont été admis sur le sol français, a affirmé lundi le secrétaire général de l'Association d'entraide aux minorités d'Orient (AEMO), Elish Yako.

Le responsable de cette ONG laïque présente sur le terrain s'exprimait lors d'une conférence de presse au Sénat français sur le sort des chrétiens d'Orient, organisée par les sénateurs Roger Karoutchi, Joëlle Garriaud-Maylam (UMP) et Bariza Khiari (PS), ainsi que par la Coordination Chrétiens d'Orient en danger (Chredo).

L'AEMO a appelé le gouvernement français, et notamment le ministère des Affaires étrangères, à "simplifier et accélérer les démarches" pour les chrétiens d'Irak candidats à l'exil en France pour fuir les jihadistes de l'EI.

"Nous avons une trentaine de familles qui se sont proposées pour accueillir en France des Irakiens et qui les attendent impatiemment. Leurs logements sont prêts", a déclaré à l'AFP Elish Yako. "On demande au Quai d'Orsay d'accélérer les démarches pour que des visas soient octroyés", a ajouté ce responsable associatif franco-irakien, relayant "un cri d'alarme sur place" car "l'hiver arrive dans un mois".

La sénatrice des Français de l'étranger, Joëlle Garriaud-Maylam, a pour sa part souligné que si des chrétiens d'Irak "viennent en France, il faut pouvoir les accueillir dignement", tout en plaidant également pour le maintien de la présence chrétienne en Orient. "Dix mille réfugiés, on sait très bien qu'on ne pourra pas tous les accueillir", a-t-elle fait valoir, relevant que "le consulat général d'Erbil est débordé".
"Il ne faut pas non plus oublier les autres minorités qui elles aussi souffrent, comme les Yazidis, isolés dans une région où ils ne peuvent pas avoir le soutien du Kurdistan", a ajouté la parlementaire.

Le sénateur des Hauts-de-Seine Roger Karoutchi a quant à lui réitéré sa demande de création d'un groupe d'études au Sénat "sur les chrétiens d'Orient en danger", notant que l'Assemblée nationale l'avait déjà fait.
Enfin, la vice-présidente du Sénat Bariza Khiari a demandé, avec ses collègues, de dégager une part de la réserve parlementaire de l'institution sénatoriale pour fournir une aide humanitaire aux minorités d'Orient.

Les jihadistes de l'Etat islamique, qui a lancé en juin une offensive fulgurante et pris le contrôle d'une large partie du nord de l'Irak, sont également présents en Syrie et ont proclamé l'établissement d'un califat islamique à cheval sur les deux pays.
De nombreuses exactions leur sont attribuées. L'EI a aussi revendiqué la décapitation de deux journalistes américains, filmée et diffusée sur internet, ainsi que de deux soldats libanais, capturés lors de sanglants combats, début août, entre l'armée et les jihadistes à Ersal, dans la Békaa.

Début septembre, le pape François avait adressé un message aux chrétiens d'Irak, cible d'exactions, avec d'autres minorités, de la part des jihadistes de l'Etat islamique.

"L'Eglise souffre avec vous et est fière de vous", a-t-il dit le 3 septembre en arabe et en italien, en soulignant qu'ils étaient "au coeur de l'Eglise" qui se devait de "défendre" leurs droits.
S'adressant à quelque 20.000 fidèles du monde entier réunis sur la place Saint-Pierre à Rome, le pape argentin a souligné que l'Eglise se devait de "défendre ses fils persécutés et sans protection", sans pour autant citer directement les menaces des jihadistes de l'EI.

François avait envoyé fin août un émissaire en Irak, le cardinal Fernando Filoni, et multiplié les appels aux Nations unies et au monde musulman, pour que l'EI soit clairement condamné et que les chrétiens et d'autres minorités d'Irak soient protégés et puissent rester chez eux. Il est légitime de "stopper l'agresseur injuste", avait-il dit, sans avaliser les frappes américaines, en soulignant qu'il avait à coeur la protection de toutes les minorités, pas seulement chrétiennes.
Certains évêques du Moyen-Orient voudraient que le Vatican en fasse plus, en particulier pour les chrétiens de Syrie, également menacés par l'EI.

sabato 26 aprile 2014

France - Dans un jardin public a Saint-Ouen, 200 réfugiés syriens - Les carences du système d'asile

Le Monde
C'est dans un jardin public entouré d'immeubles résidentiels, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) que sont installés, depuis plusieurs semaines, quelque 200 Syriens, dont une quarantaine d'enfants. Une situation inédite et difficile pour cette commune défavorisée. 

Mardi 22 avril, son maire, William Delannoy (divers droite), qui vient de ravir la ville au Parti communiste, a lancé un appel solennel à l'aide de l'Etat. Plusieurs associations sont mobilisées, alors que le sort de ces Syriens vient une nouvelle fois souligner les carences du système d'asile français, saturé.

Mardi, plusieurs femmes avec enfants étaient toujours là, assises à l'ombre des arbres. Installées sur des couvertures fatiguées, elles donnent à grignoter des biscuits secs à leurs enfants. Les hommes fument à l'écart. Il y a aussi des nouveau-nés. La plus jeune, Asala, offre ses sourires aux adultes : une petite fille née il y a cinq mois, en Espagne, sur la route de l'exil. L'Espagne, la plupart de ces réfugiés disent y être passés pour venir en France. Souvent après un périple qui leur a fait traverser l'Egypte, l'Algérie et le Maroc.

Comme Younès, 28 ans, qui enseignait le français à Alep quand la guerre a commencé. « Avec ma femme et ma fille, on a quitté la Syrie il y a presque trois ans, raconte-t-il dans un français parfait. On s'est faits conduire en voiture jusqu'au Maroc et on est resté deux mois à Melilla [enclave espagnole au nord du Maroc] avant de passer la mer. »

[...]

mercoledì 8 gennaio 2014

Roumanie : l'expulsion forcée des Roms de Cluj Napoca jugée illégale

 Amnesty France
4 ans après l’expulsion forcée des 76 familles la rue Coastei, à Cluj Napoca, dans le nord-ouest de la Roumanie, la justice a reconnu que l’expulsion était illégale et condamné le maire à les indemniser et les reloger. Ces familles vivent depuis décembre 2010 dans des logements inadaptés du quartier de Pata Rât situé à proximité d’une décharge et d’un site de déchets chimiques.
Soutenues par Amnesty International et l’ERRC (European Roma Rights Center), une plainte avait été déposée devant le tribunal de Cluj Napoca par 200 habitants expulsés rassemblés en association pour défendre leurs droits.

Le 6 janvier 2014, le tribunal a donné raison aux familles roms en condamnant la municipalité de Cluj Napoca du fait de l’expulsion jugée illégale et des conditions indignes de relogement sur un site jouxtant une décharge.
Le maire devra verser des indemnités aux familles au titre des préjudices subis et les reloger dans des conditions convenables et conformes à la dignité humaine.
Cependant cette décision est susceptible d’appel.
"C’est un message fort adressé aux autorités locales roumaines condamnant les expulsions et relogements forcés contraires aux normes du droit international et un appel au gouvernement à renforcer la loi pour interdire les expulsions forcées."
Jezerca Tigani, Directrice du programme Europe et Asie centrale pour Amnesty International

Aujourd’hui, il est urgent que la décision du tribunal soit exécutée dans les délais les plus brefs pour mettre un terme à une situation inacceptable.

Rappelons que les 300 personnes roms qui vivaient dans des logements de la rue Coastei à Cluj Napoca ont été expulsées de force par la municipalité en décembre 2010 et transférées à Pata Rât, un secteur situé à la périphérie de la ville, surtout connu pour sa décharge et son site de déchet chimique.

Les habitants de la rue Coastei avaient auparavant accès au travail, aux transports et aux services publics, notamment aux écoles et aux structures de soins. Beaucoup d’entre eux vivaient là depuis plus de 20 ans.

Plusieurs de ces familles ne se sont vu proposer aucune solution de relogement à la suite de l’expulsion et ont fabriqué des abris de fortune.

Claudia, qui avait été relogée dans une pièce, s’est retrouvée dans la nécessité de la partager pendant cinq mois avec dix personnes de sa famille qui avaient été jetées à la rue suite à l’expulsion.

lunedì 2 dicembre 2013

France : évacuation du campement rom de Saint-Ouen. Une politique cruelle

Amnesty International
Le matin du 27 novembre, l’un des plus grands campements roms de France a été évacué à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis. La grande majorité des occupants se retrouvent aujourd’hui à la rue. L’expulsion a anéanti tout le processus de scolarisation et d’accès aux soins mis en place auprès des familles.
Des familles sans abri
Les habitants d’un quartier informel de Saint-Ouen (en Seine-Saint-Denis), décrit par les médias comme l’un des campements roms les plus importants de France – on estime que 800 personnes y vivaient à un moment donné –, ont été expulsés de force le matin du mercredi 27 novembre 2013.

Selon les médias, environ 70 mineurs figuraient parmi les quelque 250 personnes évacuées. La grande majorité des résidents expulsés se sont retrouvés à la rue, sans nulle part où vivre, par une température de 7°C qui annonce le début de l’hiver.
Une expulsion illégale

Amnesty International déplore que les autorités françaises – à l'échelon national et local – continuent à bafouer le droit international relatif aux droits humains en procédant à des expulsions forcées de ce type.

L’expulsion de Saint-Ouen a été effectuée à la suite d’une décision rendue par le tribunal de grande instance de Bobigny le 2 octobre 2013. Le tribunal s’est prononcé à la demande des propriétaires des parcelles occupées, la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) et Réseau ferré de France (RFF), qui demandaient la restitution de ces terrains, et du maire de Saint-Ouen, qui affirmait que les habitations situées sur ou à proximité des rails de chemins de fer posaient un véritable risque de sécurité.

Cette expulsion a été exécutée en dépit des orientations données aux préfets dans la circulaire interministérielle du 26 août 2012, qui les encouragent à mettre en place des mesures d’accompagnement des familles en vue d’une insertion.

Aujourd’hui ces dizaines de familles se retrouvent sans domicile, exposées à des conditions climatiques difficiles et privées de suivi médical et scolaire.
Une politique qui doit cesser
L’expulsion forcée du campement de Saint-Ouen démontre une fois de plus que la circulaire interministérielle publiée il y a un an est insuffisante pour protéger les Roms migrants contre les expulsions forcées.

Amnesty International renouvelle son appel au gouvernement français à prendre des mesures explicites et contraignantes contre cette pratique qui enfreint ses engagements internationaux en matière de droits humains.

Il est primordial d’interdire tout recours aux expulsions forcées car :
Elles sont illégales au regard des normes du droit européen et international.
Elles aggravent les conditions de vie des personnes et les condamnent à l’errance.
Elles entraînent des ruptures de parcours scolaire et de parcours de soin.
Elles sont traumatisantes pour les enfants notamment.Elles mettent en échec tout processus d’intégration.
Elles sont contraires à la dignité humaine.

domenica 20 ottobre 2013

Hollande: Leonarda autorisée à revenir en France, mais seule

Le Monde
Dans une courte allocution télévisée, samedi 19 octobre, faisant suite à la remise du rapport de l'enquête administrative sur l'expulsion controversée de la collégienne Leonarda Dibrani, François Hollande a indiqué que l'adolescente pourrait poursuivre sa scolarité en France si elle en faisait la demande, mais que sa famille, dont les demandes d'asile ont été déboutées, ne pourrait pas suivre. "Si elle le demande, un accueil lui sera réservé, à elle seule", a insisté le président de la République, qui s'exprimait après une rencontre avec le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ainsi que les ministres de l'intérieur et de l'éducation, Manuel Valls et Vincent Peillon.

François Hollande dit avoir pris cette décision par souci d'"humanité", "compte tenu des circonstances" alors qu'"aucune règle de droit n'a été enfreinte" lors de l'expulsion de Leonarda et de sa famille. Mais cette proposition a suscité l'incompréhension de la famille Dibrani. "Je n'irai pas seule en France, je n'abandonnerai pas ma famille, a réagi la jeune fille, qui se trouve au Kosovodepuis le 9 octobre. Je ne suis pas la seule à devoir aller à l'école, il y a aussi mes frères et mes sœurs", a déclaré Leonarda, 15 ans, qui est née en Italie. Sur sescinq frères et sœurs, quatre sont nés en Italie et la petite dernière, âgée de 17 mois, en France.

LES ARRESTATIONS DANS LE CADRE SCOLAIRE INTERDITES
L'enquête administrative, ouverte mercredi et remise samedi matin à Manuel Valls, conclut que la reconduite au Kosovo de la famille Dibrani était conforme au droit mais que les forces de l'ordre n'avaient "pas fait preuve du discernement nécessaire" quant au contexte de l'arrestation de la collégienne, sur temps scolaire.

Lire ce que dit l'enquête administrative sur l'expulsion ainsi que ledétail du dossier de la préfecture du Doubs

"Il n'y a pas eu de faute, la loi a été respectée, mais il y a eu un manque de discernement", a répété François Hollande lors de son allocution. Le président reconnaît toutefois que "cette expulsion a suscité une légitime émotion, notamment au sein de la jeunesse". Rappelant les "valeurs fondamentales de la République" – le respect de la loi et le respect de l'école –, M. Hollande a annoncé par ailleurs qu'une "instruction" prohibant toute interpellation d'enfants dans le"temps scolaire – aussi bien à l'école, dans le cadre de sorties, ou dans les centres de loisirs" –, serait adressée aux préfets.

La sanctuarisation de l'école "ne doit souffrir aucune exception", a renchéri le ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon, se réjouissant de voir ce principe réaffirmé "avec force" par François Hollande.

MANIFESTATIONS LYCÉENNES
Manuel Valls a été vivement critiqué, notamment à gauche, pour les conditions d'interpellation de l'adolescente âgée de 15 ans, expulsée le 9 octobre vers le Kosovo avec sa famille après avoir été prise en charge par la police en pleine sortie scolaire. Sans attendre les résultats de l'enquête qui venait d'être lancée, Manuel Valls avait assuré dès mercredi que l'expulsion s'était déroulée "dans le respect du droit".

Des milliers de lycéens ont manifesté jeudi et vendredi pour réclamer le retour de la collégienne ainsi que de Khatchik Kachatryan, un élève arménien de 19 ans expulsé il y a une semaine, voire la démission du ministre.

giovedì 17 ottobre 2013

France - Une jeune Kosovare arrêtée et expulsée lors d'une sortie scolaire

Le Figaro
La Police aux frontières aurait ordonné aux professeurs de faire arrêter le bus qui conduisait les élèves afin d'emmener Léonarda, 15 ans. Le PS demande des comptes au gouvernement, Manuel Valls assure veiller «scrupuleusement au respect des droits des étrangers».

Léonarda, 15 ans, était dans le bus avec ses camarades, en route pour une sortie scolaire, quand la Police aux frontières est venue l'arrêter pour l'expulser. Sur son blog hébergé parMediapart , le Réseau Éducation Sans Frontières (RESF) relaie le récit d'enseignants du collège André-Malraux et du lycée Toussaint-Louverture de Pontarlier, dans le Doubs, département où vivaient le couple Dibrani et ses six enfants. Déboutés de leur demande de droit d'asile, ces huit membres de la communauté rom ayant fui le Kosovo résidaient dans un centre d'accueil de demandeurs d'asile à Levier, et vivaient en France depuis cinq ans. Selon le blog, les enfants parlaient parfaitement français et étaient scolarisés depuis plus de trois ans. «Dans deux mois, ils entraient de plein droit dans le cadre de la circulaire Valls et pouvaient être régularisés», indique l'article, évoquant la circulaire du 28 novembre 2012 sur l'admission au séjour.


[...] suit



mercoledì 4 settembre 2013

La France se montre réticente à accueillir des réfugiés syriens sur son territoire

Le Monde International
Alors que le nombre de réfugiés syriens à l'étranger ne cesse d'augmenter et que François Hollande soutient la nécessité d'intervenir militairement en Syrie, la France se montre, depuis plusieurs mois, beaucoup plus frileuse en ce qui concerne l'accueil d'éventuels réfugiés sur son territoire.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé, mardi 3 septembre, que le seuil des deux millions de réfugiés avait été franchi. Un chiffre multiplié par dix en un an. Face à ce drame humanitaire, l'agence des Nations Unies tente depuis le début du mois de juin de convaincre les Etats membres de l'Union européenne d'ouvrir leurs portes aux réfugiés. Sans guère de succès, en France notamment.

L'ambition du HCR est d'obtenir une protection exceptionnelle pour 10 000 Syriens. Principalement réfugiés dans les pays limitrophes de la Syrie, entre autres au Liban, où leur situation est particulièrement précaire car il n'y existe aucun campement officiel en dur. Le chiffre de 10 000 personnes est symbolique comparé aux 5 000 Syriens qui, chaque jour, fuiraient leur pays, selon le HCR.

L'Allemagne est le pays qui a promis le plus gros effort. Quelque 5 000 Syriens y seront accueillis à partir des prochains jours. Le 29 août, l'Autriche s'est engagée à assurer une protection à 500 personnes. La Suède, la Norvège, les Pays-Bas...

mercoledì 28 agosto 2013

France : 150 personnes roms expulsées de force du campement des Coquetiers à Bobigny

Amnesty International
Environ 150 personnes roms, dont une soixantaine d’enfants, ont été expulsées du campement de la rue des Coquetiers à Bobigny au cours de la matinée du 27 août. Des solutions d’hébergement d’urgence n’ont été prévues que pour trois familles et le reste des habitants du campement est désormais sans abri.
Un an après la publication de la circulaire interministérielle du 26 août 2012 « relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites », Amnesty International a assisté à une nouvelle expulsion forcée ce matin à Bobigny dans le département de la Seine-Saint-Denis.

Le vendredi 23 août la préfecture avait indiqué que seuls les habitants de deux parcelles appartenant à la RATP et au Conseil Général seraient expulsés dans la semaine, c'est-à-dire 35 personnes environ. Ce matin à 7 heures, l’ensemble des habitants a été expulsé, y compris ceux qui vivaient sur une parcelle de terrain appartenant à la Mairie de Bobigny, pour laquelle aucune procédure d’expulsion n’a été engagée.

Les habitants semblaient avoir été prévenus que l’expulsion allait avoir lieu, mais ils ont rapporté ne pas avoir été consultés en amont de l’évacuation. Vers 9 heures, une soixantaine de personnes attendaient encore devant le campement, incertains et ne sachant pas où aller. « Je ne vois pas quelle explication j’ai à donner, mis à part le fait que l’on met en œuvre une décision de justice », a indiqué le préfet.

Nadka, une Rom Bulgare de 46 ans, vivait sur le campement informel des Coquetiers depuis 2 ans. Elle pleurait et a expliqué avoir peur car sa maison étant située sur la parcelle de la mairie, elle ne savait pas si elle allait pouvoir rentrer chez elle ce soir et récupérer ses affaires.

Le 7 juin 2013, un diagnostic social avait été réalisé et les 200 à 300 personnes qui habitaient le terrain avaient été interrogées en une seule journée. Les trois familles signalées comme vulnérables et pour lesquelles un hébergement d’urgence a été prévu n’ont pas été prévenues de l’existence de ces solutions. « C’est à elles de se manifester », a expliqué le Directeur de cabinet du préfet, qui ne connaissait pas les noms des trois familles en question car d’après lui le diagnostic n’est pas nominatif. Le préfet de la Seine-Saint-Denis, présent sur les lieux, a ajouté « le reste est prié de trouver une autre solution ».

Le préfet a indiqué à la chercheuse d’Amnesty International présente sur les lieux que cette opération s’inscrivait pleinement dans le respect de la circulaire du 26 août 2012, mais a reconnu que cette circulaire n’était pas contraignante et pouvait être lue de plusieurs manières.

Une trentaine d’enfants habitant sur le campement rue de Coquetiers étaient scolarisés. David, 12 ans, a vécu ce matin sa cinquième expulsion. « Je me suis réveillé à 6 heures, la police est venue, ça nous a fait peur. Moi, je savais qu’on allait devoir partir, ma mère nous l’avait dit. Je ne sais pas où on va aller avec ma famille. On ne sait pas si on va pouvoir aller à l’école, nous on veut y aller. Aujourd’hui je devais aller au stage de remise à niveau, avant ma rentrée en 6ème au collège, mais là je ne peux pas aller au stage. »

La mairie a refusé de mettre à disposition un terrain, invoquant la responsabilité de la préfecture. Le Conseil Général a confirmé que pendant la durée des travaux sur sa parcelle, qui pouvaient durer de trois jours à trois mois, l’accès au terrain serait fermé. A midi, les familles ne savaient pas où aller, et elles attendaient au milieu de l’avenue Salvador Allende à Bobigny.

L’expulsion forcée du campement rue des Coquetiers à Bobigny démontre que la circulaire interministérielle publiée il y a un an est insuffisante pour protéger les Roms migrants contre les expulsions forcées. Amnesty International renouvelle son appel au gouvernement français à prendre des mesures explicites et contraignantes contre cette pratique qui enfreint ses engagements internationaux en matière de droits humains.

domenica 14 luglio 2013

France - Los alcaldes franceses atizan el fuego del racismo contra gitanos y nómadas

El Pais
El ministro del Interior anuncia una nueva ley para acelerar las expulsiones, mientras el Consejo de Europa censura a Francia por no escolarizar a los niños gitanos
La policía francesa evacua a un grupo de gitanos cerca de Lion. / EL PAÍS
Es la misma canción de los últimos veranos en Francia. En cuanto llega el calor, los gitanos franceses —entre 400.000 y 600.000, según las últimas estimaciones oficiales— se suben a sus caravanas y empiezan a circular por el país para visitar a sus primos, vender sus productos en los mercados de las costas y / o peregrinar con las misiones de la Iglesia evangelista. Los gitanos justifican así durante unos meses su falsaria y romántica denominación oficial de gens de voyage (gentes de viaje o pueblo nómada, aunque cada vez menos gitanos o manouches lo son), y los políticos aprovechan para entrar en pánico y dar rienda suelta libre al odioso —pero electoralmente muy rentable— discurso antigitano.

Este año, el gatillo de la polémica estival lo ha apretado el alcalde de Niza, Christian Estrosi, un barón de la conservadora Unión por un Movimiento Popular (UMP) que compite en populismo con el Frente Nacional (FN), siempre pujante en esa adinerada zona del sureste país. Hace unos días, Estrosi exhortó a los alcaldes de Francia a hacer lo que hace él: “mater” (una palabra que se puede traducir por domar, reprimir, desalojar, pero también por matar) a esos “delincuentes” que instalan sus caravanas en terrenos ilegales. El alcalde añadió: “Son unas caravanas grandes y bonitas, (…) los franceses necesitarían una vida entera para poder pagárselas”.

Furioso porque un grupo de gitanos (franceses) había acampado en un campo de fútbol municipal cuando una etapa del Tour iba a llegar a Niza, Estrosi debió de recordar que falta menos de un año para las elecciones municipales y aprovechó para igualar la artillería racista lanzada unos días antes por Jean-Marie Le Pen. El fundador del FN comentó que había detectado la presencia “urticante y digamos… odorífera” de los gitanos, y alertó contra la “inminente llegada de 50.000 de ellos a Niza”.

Le Pen y Estrosi desataron la indignación de algunos dirigentes de la mayoría socialista, mientras SOS Racismo denunciaba al alcalde en los tribunales por “incitación al odio racial”, y la marea del odio se desplazaba hasta la costa atlántica, donde dos munícipes, uno de la UMP en el Loira y otro socialista de Normandía, amenazaron con dimitir si los gitanos no se iban enseguida de sus pueblos.

Mientras, en otras esquinas del Hexágono, regidores y prefectos aprovechaban el principio de las vacaciones escolares para desmantelar los campamentos de gitanos rumanos y búlgaros (se calcula que hay 15.000 en total) que no habían podido clausurar antes porque algunos niños estaban escolarizados y la ley se lo impedía.

La deriva ha coincidido con una nueva amonestación del Consejo de Europa a París por el tratamiento dado a los gitanos, especialmente en la “fracasada escolarización” de los menores, y con la publicación del desolador informe anual de la ONG Romeurope, que afirma que la comunidad romaní se topa en Francia con “dificultades múltiples y sistemáticas”. Entre otras, “desalojos repetidos, expulsiones, y [restricción del] acceso a los derechos fundamentales [vivienda, sanidad, trabajo, escuela y derechos sociales]”.

Las asociaciones alertan además de que la violencia contra los gitanos no deja de aumentar. En el primer trimestre de 2013, más de 4.000 personas fueron desahuciadas de sus precarias viviendas, y una cuarta parte tuvo que hacerlo a toda prisa porque sus campamentos fueron atacados o incendiados, según la Asociación Europea por los Derechos Humanos. Como pasó en Nápoles en 2008, la tarea se reparte entre los ciudadanos de a pie (1.007 desplazados por ataques de vecinos), la policía (2.873) y las órdenes de repatriación (272).

Ante el regreso del ruido y la furia, los especialistas vuelven a analizar las causas de esta atmósfera digna de los años treinta y recuerdan que las intimidaciones políticas, el hostigamiento policial, las leyes especiales, los desalojos forzosos y las expulsiones de masa que sufre —desde hace cinco siglos— la minoría gitana son una socorrida pero arriesgada forma de desviar la atención de las crisis reales, una manera de estigmatizar a la comunidad más desprotegida de la escala social para poner el (falso) foco de la política en el orden, la seguridad y la identidad.

Según ha explicado el antropólogo Michel Agier en una entrevista con el periódico digital Mediapart, “la responsabilidad de las élites políticas en la segregación de los gitanos traduce la voluntad de designar a una comunidad para colocarla definitivamente al margen de la sociedad y los derechos. Al señalar a los gitanos, el Estado los sitúa en cierta forma fuera del Estado para descargarse de su responsabilidad de integrarlos”.

Esa tentación aqueja tanto a la derecha como al centroizquierda. La diferencia está sobre todo en el tono y el matiz del discurso. El ministro del Interior, Manuel Valls, que desde que llegó al cargo ha calcado e incluso superado la política de desalojos y expulsiones de su antecesor de derechas, Claude Guéant, ha censurado las brutales palabras de Estrosi y le ha exigido más sensibilidad republicana, criticando su confusión entre los gitanos rumanos y las gens de voyage, que “en su gran mayoría”, ha recordado, “son franceses”.

Curiosamente, la respuesta del Estado francés ante el radical sentimiento de libertad del pueblo gitano consiste en una invención lingüística y jurídica: llamarlos de otra forma para evitar su marginación. Desde 1969, a los gitanos nacionales se les incluye en el estatuto administrativo gentes de viaje. En teoría, la fórmula no designa a una cultura o una población que comparte valores comunes, sino a todos aquellos que viven en caravanas. Pero los viajeros estaban obligados a usar unos permisos especiales de circulación que especificaban su etnia, origen y rasgos físicos. El Consejo Constitucional decidió que esos carnés eran inconstitucionales en octubre pasado.

De visita en Nîmes, una de las ciudades más gitanas de Francia, el ministro Valls declaró ayer en el diario Midilibre: “Amo la cultura taurina y gipsy (gitana, en inglés)”. Además, anunció que este miércoles enviará al Parlamento una ley que acelerará los procedimientos de expulsión de los viajeros que ocupen terrenos ilegales, y “quizá” castigará con más dureza a las alcaldías que no habiliten áreas legales de aparcamiento. Desde 1990, la ley obliga a los ayuntamientos a construir pequeñas áreas de acogida y otras más grandes de paso para los viajeros. Aunque la norma se reforzó en 2000, solo el 40% de los municipios franceses la aplican. El pastor evangelista gitano Didier Keguelin ha dicho que si “la ley actual se respetara al 95%, no habría el menor problema”.

mercoledì 15 maggio 2013

France - «Le gouvernement doit se saisir de la question de l’intégration des Roms»

Liberation
Recueilli par AMANDINE CAILHOL
Coïncidence de calendrier, au lendemain de l’incendie du squat de Roms à Lyon lundi, le Premier ministre, accompagné des ministres Cécile Duflot (Logement), Manuel Valls (Intérieur) et Marie-Arlette Carlotti (Lutte contre l'exclusion), rencontrait ce mardi matin le Collectif des associations unies pour une nouvelle politique publique du logement des personnes sans abri et mal logées (CAU) et le collectif Romeurope. Reçus une première fois à Matignon, en novembre 2012, les représentants des principales associations d’hébergement et d’accès au logement avaient adressé, le 3 mai dernier, une lettre au Premier Ministre. Le but: alerter le gouvernement sur la précarisation croissante des mal-logés et notamment des Roms. A l’occasion de cette seconde audience, Thierry Brigaud, président de Médecins du Monde, a refait part de ses inquiétudes, au nom du collectif Romeurope.

Etes-vous satisfait des réponses apportées par le gouvernement au cours de la réunion de ce matin ?
J’ai l’impression que le ton a changé : le Premier ministre a clairement affiché sa volonté d’appliquer la circulaire du 26 août 2012, de mener une véritable politique d’intégration et de rompre avec la stigmatisation des Roms. Je reste cependant sur la réserve face à un double discours, tenu notamment par le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, qui, tout en reprenant les objectifs positifs du Premier ministre, maintient sa ligne directrice focalisée sur les expulsions. Son discours est très clair : la loi dit qu’il faut expulser, donc j’expulse. Même si le Premier ministre reste plus nuancé, la politique du gouvernement est bien celle de la fermeté. Nous ne pouvons nous satisfaire de cette vision réductrice.

Que préconisez-vous sur la question des expulsions de squats ?
La logique d’expulsion ne peut pas être une politique acceptable. Elle met en danger les populations. Chaque fois, tout le travail de lien social est mis à mal, toutes les actions de terrain de prévention et de santé, de vaccination, d’éducation sont anéanties. Il faut repartir à zéro. J’ai cité ce matin l’exemple d’une famille marseillaise qui avait été expulsée trente fois. Face à une telle instabilité, il n’est pas possible de mettre en place un véritable accompagnement vers l’accès aux soins, à la scolarisation et au travail. Si des expulsions ont lieu, elles doivent permettre d’aller vers du mieux. Or, aujourd’hui, on assiste à l’inverse. Les familles roms expulsées sont prises dans un engrenage et subissent toutes le même itinéraire vers toujours plus de misère : chassées des bidonvilles puis des squats, elles finissent par poser leurs tentes sous des ponts d’autoroutes ou sur les trottoirs. La solution réside dans la mise en place de lieux sécurisés avec des conditions sanitaires dignes; des espaces stabilisés dans lesquels un vrai diagnostic est possible, comme le stipule la circulaire du 26 août 2012. Ces dispositifs d’accueil doivent être temporaires et aboutir sur des possibilités de relogement de long terme.
Les autorités évoquent parfois des difficultés pour convaincre les Roms d’accepter les solutions de relogement proposées. Est-ce une réalité observée sur le terrain ?
Je reconnais qu’il s’agit d’un travail parfois difficile, mais c’est le cas de toute action auprès de populations pauvres vivant dans la survie. Il faut agir directement avec les populations, les écouter. Lorsque les propositions sont déconnectées des réalités, elles ne peuvent aboutir à des solutions pérennes et adaptées. Un travail de concertation en amont est nécessaire pour recueillir les attentes. Dans certaines villes, les acteurs l’ont compris : c’est le cas à Strasbourg ou encore à Lyon. A Médecins du Monde, nous avons l’habitude de travailler avec des médiateurs santé. Cet intermédiaire permet de comprendre les besoins exprimés et d’y répondre au mieux.
Des échéances ont-elles été fixées lors de la réunion de ce mardi ?Aucun calendrier n’a été évoqué. Pour le moment, nous attendons un signe fort de la part du gouvernement qui doit se saisir de la question de l’intégration des Roms. Bien sûr, cela a été évoqué ce matin, mais ce que nous voulons ce sont des actes concrets et rapides, accompagnés des moyens nécessaires. De notre côté, nous continuerons nos nombreux projets, sur le terrain, au plus près de la population rom et de ses besoins. Et lorsque nous serons confrontés à des situations particulièrement alarmantes, nous ferons appel au défenseur des droits, comme nous l’avons déjà fait.

Human Rights - Diritti Umani - Droits de l'Homme - Derechos Humanos - For a World Without the Death Penalty - Rights of prisoners - No Justice Without Life