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mercoledì 4 dicembre 2013

L’esclavage touche des millions de Pakistanais

La Croix
En dépit de la loi, le travail forcé reste une réalité au Pakistan.
Dans ce pays, il y aurait près de 4,5 millions d’esclaves, rien que dans les usines de fabrication de briques.
À l’occasion de la Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage, l’ONU met l’accent sur les 21 millions de travailleurs asservis.


À seulement deux heures de Karachi, la capitale économique du Pakistan, le bureau de l’ONG Green Rural Development de Hyderabad accueille des victimes d’une autre époque. Des paysans, hommes, femmes et enfants, asservis par des propriétaires terriens peu scrupuleux. Aujourd’hui, Khimo, un hindou qui paraît dix ans de plus que sa trentaine d’années, vient y régler des détails administratifs pour se « libérer » de son propriétaire. Le jeune homme grêle, qui flotte dans sashalwar kameez, la tunique traditionnelle du Pakistan, est enchaîné par les dettes qu’il a contractées auprès de son patron.

« Normalement, ma famille et moi devions récupérer 25 % des récoltes annuelles, mais nous n’en avons jamais vu la couleur, explique-t-il. En plus, nous devions être nourris gratuitement mais le propriétaire achète notre nourriture à crédit et c’est nous qui devons payer les intérêts à la fin de chaque année. » Khimo travaille près de dix heures par jour, parfois la nuit, mais les dettes s’accumulent. « Même quand je suis malade, que je n’ai pas assez de nourriture ou d’eau, je n’ai pas d’autre choix que d’aller travailler. »
De l’emprunt d’argent à son propriétaire à l’enchaînement à vie

L’asservissement commence lorsqu’un travailleur emprunte de l’argent à son propriétaire pour couvrir des dépenses quotidiennes ou exceptionnelles. Avec les intérêts souvent excessifs qu’applique le propriétaire, la dette devient telle que le paysan se retrouve souvent enchaîné à son employeur à vie. « Cette forme d’esclavage existe dans tout le pays, particulièrement dans les secteurs de l’agriculture et de la fabrication de briques, explique Zohra Yusuf, présidente de la Commission des droits de l’homme du Pakistan. Parfois, les enfants sont donnés comme esclaves pour rembourser la dette de leurs parents. »

Alors que l’on célèbre aujourd’hui la Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage, selon la Banque asiatique de développement, 2 millions de travailleurs pakistanais seraient victimes de travail forcé, mais ces chiffres semblent en dessous de la réalité. L’ONG Bonded Labour Liberation Front Pakistan avance le chiffre de 4,5 millions d’esclaves, rien que dans les usines de fabrication de briques. L’Organisation internationale du travail (OIT) estime à 21 millions le nombre de travailleurs asservis dans le monde.
« Mon fils de 9 ans était enchaîné »

Champa, une paysanne de 40 ans également présente au bureau ce jour-là, a réussi à échapper à un propriétaire cruel grâce au soutien de l’ONG Green Rural Development. « Nos conditions de travail et de vie se sont dégradées au fur et à mesure des années, explique Champa, élégamment recouverte d’un voile perlé. Nous nous levions aux aurores et travaillions près de douze heures par jour. Même quand il n’y avait rien à faire, notre patron ne nous laissait jamais nous asseoir. »

Brandissant une photo de son fils, la femme raconte les tortures que le propriétaire faisait subir à son jeune garçon de neuf ans. « Mon fils était enchaîné et devait dormir avec les chèvres, sans nourriture. » La femme a contacté Veero Kholi, ancienne esclave devenue vice-présidente de l’ONG, qui a pu lui fournir une lettre d’un tribunal intimant au propriétaire de laisser partir la famille. « Mon fils est mort trois semaines après notre libération, à la suite des sévices qu’il a subis. Aujourd’hui, le propriétaire est toujours en liberté et continue à faire exploiter ses champs », se désole-t-elle.
Contre l’esclavage, une loi de façade

Au Pakistan, il existe pourtant une loi de 1992 censée abolir le système du travail en servitude. « Cette loi devait être encadrée par des législatures provinciales mais ces dernières n’ont jamais été mises en place. Et les comités de vigilance qui devaient voir le jour n’ont pas non plus été établis », explique Zohra Yusuf. « C’est une loi de façade, renchérit Imran Naseem, responsable de projet à l’ONG Bonded Labour Liberation Front Pakistan. Les travailleurs sont des gens pauvres, illettrés et sans ressources. Comment peuvent-ils accéder à la justice ? Mais quand nous intervenons aujourd’hui, les politiciens commencent à nous écouter. »

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L’esclavage en chiffres

Les formes contemporaines d’esclavage – trafic de personnes, prostitution forcée, enfants-soldats, travail forcé et utilisation des enfants dans le commerce international des stupéfiants – fleurissent en grande partie à cause de la vulnérabilité exacerbée par la pauvreté, la discrimination et l’exclusion sociale.

Il y aurait plus de 250 000 enfants exploités aujourd’hui comme enfants-soldats dans une trentaine de zones de conflit dans le monde. Un grand nombre des filles enlevées et transformées en enfants-soldats deviennent également des esclaves sexuelles.

L’Organisation internationale pour les migrations estime que, chaque année, 800 000 femmes, filles, hommes et garçons font l’objet d’une traite transfrontalière et sont réduits en esclavage.

5,7 millions d’enfants sont soumis à un travail forcé et asservi, ce qu’on appelle aussi servitude pour dettes, et 1,2 million d’enfants sont victimes de la traite qui s’accompagne de l’exploitation commerciale sexuelle d’enfants dont 1 million, essentiellement des filles, sont chaque année forcés de se prostituer. Ils sont vendus comme prostitués ou à des fins de pornographie infantile tant dans les pays développés que dans les pays en développement.MORGANE PELLENNEC (à Karachi)

sabato 23 novembre 2013

Hong Kong : des milliers d'Indonésiennes victimes de traite et d'esclavage domestique

Amnesty International
Dans son rapport, «Exploited for Profit, Failed by Governments», Amnesty International montre comment des agences de recrutement indonésiennes et des agents de placement à Hong Kong se livrent à la traite de femmes indonésiennes dans le but de les exploiter et de les soumettre au travail forcé.
Travailleuses migrantes indonésiennes
 à Hong Kong © AI
On compte plus de 300 000 employés de maison étrangers à Hong Kong ; environ la moitié de ces personnes sont originaires d'Indonésie, et il s'agit dans une immense majorité de femmes.

Attirées par la promesse d'emplois bien rémunérés, ces femmes se retrouvent confrontées à une toute autre réalité.
Enfermées dans le cercle vicieux du travail forcé

En Indonésie, les personnes souhaitant être embauchées comme employées de maison à l’étranger sont obligées de passer par des agences agrées par le gouvernement, notamment pour une formation préalable à leur départ.
Lestari, 29 ans, a décrit ce qui s’est passé lorsqu'elle est arrivée au centre de formation : «J’étais sous le choc. Il y avait de grandes clôtures tout autour et toutes les femmes avaient les cheveux courts. On m’a donné un bout de papier avec quelque chose d’écrit en anglais. Je suis seulement arrivée à lire le nombre 27 millions. Le personnel m’a dit : " Vous devez signer ". Nous étions une trentaine ; nous avons fait comme on nous a dit. Après, ils ont expliqué " Ce que vous avez signé signifie que si vous décidez de partir, vous devrez nous payer 27 millions de roupies [soit environ 2 000 euros]. »
Systématiquement, ces agences, et les négociateurs qui interviennent en leur nom, trompent ces femmes au sujet des frais qu’elles devront verser et des salaires.
Ils confisquent leurs papiers d’identité et d’autres biens à titre de caution, et leur facturent des frais dont le montant excède ce qui est prévu par la loi. L'intégralité des frais doit être versée au début de la formation, d’où les lourdes dettes contractées par les femmes qui veulent se retirer.
"Les agents de recrutement et de placement portent atteinte de manière flagrante à des lois conçues pour protéger des abus les migrantes travaillant comme employées de maison. Du fait de l’inaction quasi-totale des autorités hongkongaises et indonésiennes, ces femmes continuent à être exploitées, sacrifiées sur l’autel du profit »

Norma Kang Muico, spécialiste du droit des migrants d'Amnesty International pour la région Asie-Pacifique.
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