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sabato 25 luglio 2015

En Tunisie, la peine de mort pour sanctionner le terrorisme

PressAfrique
En Tunisie, l'Assemblée continue son vote de la nouvelle loi antiterroriste. Depuis mercredi, plusieurs dizaines d’articles ont déjà été adoptés, dont certains qui prévoient des sanctions pouvant aller jusqu'à la peine de mort. Des ONG avaient déjà critiqué ces mentions, mais les députés ne semblent pas en avoir tenu compte.
Trois articles mentionnant la peine de mort ont été adoptés. Ils n'ont recueilli aucune voix contre, seule une dizaine d'absentions tout au plus pour chacun. Ils prévoient de punir de la peine capitale, les meurtres de personnes jouissant de protection internationale, les auteurs de prises d'otage ou séquestration meurtrière, les auteurs de viol dans le cadre de crime terroriste.

Certains députés rappellent que la peine de mort n'a pas été abolie dans la nouvelle Constitution de 2014, mais ses opposants se demandent pourquoi elle est mentionnée danscette nouvelle loi alors qu'elle n'est plus appliquée en Tunisie. La dernière exécution date en effet de 1991. « Sa réintroduction dans les textes pourrait être un prétexte pour son application effective », s'inquiète Amna Guellalin, directrice du bureau d'Humain Rights Watch à Tunis.

Des élus ont aussi souligné que cette sanction risquait de ne pas dissuader des terroristes prêts à tout, jusqu'à commettre des attentats kamikazes. Au sein même des partis, la question divise. Même si les élus ne l'ont pas exprimé clairement dans leur vote, pour beaucoup, il s'agit de faire vite pour adopter ce texte dans un contexte sécuritaire tendu et de ne pas revenir sur des questions déjà tranchées en commission.

lunedì 27 maggio 2013

Tunisie, l'opinion sur la peine de mort de Moncef Marzouki, Président de la République provisoire

Leaders.com.tn


"Pour la peine de mort, la Tunisie est un pays abolitionniste de facto : l’une de mes premières décisions en tant que Président a été de commuer la peine de deux cents condamnés à mort en prison à vie, et personne n’a protesté. On se trouve dans cette situation particulière où les islamistes maintiennent leur point de vue en faveur de la peine capitale, mais admettent qu’elle ne s’applique pas"
Lorsque j’étais président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, j’avais déjà pu constater à quel point ma conviction n’était pas en phase avec l’ensemble de la société sur ce sujet. Un homme de la ville de Nabeul avait commis le pire crime possible, en violant et en assassinant treize enfants. Il avait été arrêté puis condamné à mort. La plupart des membres de la LTDH préféraient garder le silence, parce que le pays entier réclamait sa mort. Mais j’ai choisi de porter mon désaccord sur la place publique.

Dans la plupart des cas, ai-je alors avancé, la peine de mort était appliquée contre des adversaires politiques et, même s’il s’agissait cette fois d’un vrai criminel à mettre hors d’état de nuire, il n’était pas possible de la justifier : sans compter les possibles erreurs judiciaires qui devraient à elles seules motiver l’abolition de la peine capitale, il est avéré que celles-ci n’a jamais permis de dissuader les criminels. Le raisonnement était imparable, mais la tension a été terrible. Des gens m’ont craché dessus dans la rue, parce qu’ils estimaient que je défendais un violeur et un assassin.

Je continue à dire aujourd’hui à mes partenaires d’Ennahdha que l’abolition de la peine de mort est nécessaire même si la société n’est pas encore prête pour qu’on l’inscrive dans la loi».